lundi 18 janvier 2010
La troisième culture
Les savants amateurs, les pirates, diaristes et autres pasionés forment un nouveau « tiers état culturel », ce qui montre qu´internet est un espace culturel très hétérogène. La troisième culture attaque le « second pouvoir », celui de la presse et l´édition. La diminution des ventes des libres et journaux est un événement international, massif et structurel. Aux Etats Unis le nombre de lecteurs de journaux et magazine a baissé de 10 % entre 1994 et 2006, pendant que le nombre d’Internautes a éclaté. En France on comptait 28 millions d´internautes en février 2007 , c´est à dire plus de la moitié de la population. Un grand nombre d´anciens lecteurs sont devenus maintenant fanatiques du Web et passent la soirée devant un écran et non pas devant un livre. Mais tous les secteurs du livre ne sont pas frapés de la même manière, les romans, BD et essais n´ont rien a perdre.
La production numérique (avec support papier limité et large diffusion sur le Web) offre a ses ouvrages une nouvelle oportunité : le volume de texte n’est plus un obstacle, les mises à jour sont aisées et le coût de production et de diffusion est bien inférieur à celui du support papier. Cette révolution numérique emporte un processus de « destruction créatrice », derrière cette expresion on trouve des secteurs en crise et d´autres en plein boom. La Web fragilise le « deuxième pouvoir » culturel. (premier pouvoir institutions académiques). Beaucoup d´universités d´établissement de formation se sont lancés dans le e-learning mais le « cyberprof » ne semble pas remplacer les cours traditionnels.
C’est dans le domaine de la documentation que les effets du Web sont les plus révolutionnaires
Jean-François Dortier –Octobre 2007 Mensuel nº186 Sciences humaines
Alicia
La Mobilité Sociale
Quelle est son ampleur depuis cinquante ans ? L'idée de mobilité sociale a été contredite par beaucoup de sociologues qui ont souligné que la société française reproduisait, d'une génération à l'autre, la répartition sociale des individus, les enfants d'ouvriers devenant ouvriers, ceux de cadres, cadres : tel père, tel fils... Pourtant, les études statistiques montrent que, même s'il existe une réelle tendance à la transmission intergénérationnelle des statuts socioprofessionnels, il existe aussi une importante mobilité sociale ascendante. En 1953, plus de 50 % des hommes (âgés de 40 à 59 ans) étaient classés dans la même catégorie sociale que leur père. Cette proportion décroît de façon continue au cours des décennies suivantes : elle est de 40 % en 1970 et de 35 % en 1993. Pendant longtemps, ces études n'ont porté que sur les hommes, le statut des femmes étant assimilé à celui de leur conjoint (considéré comme chef de famille). Prenant en compte leur entrée massive sur le marché de travail, l'enquête FQP de 1993 a étudié leur mobilité en comparant leur statut professionnel à celui de leur père : 28 % seulement ont la même situation que lui. D’autre part, Ces progrès du salariat s'expliquent par le développement des emplois tertiaires, dans lesquels une majorité de femmes est venue s'installer au point d'occuper le quasi-monopole de certaines professions (infirmières, institutrices, secrétaires...). Les emplois de cadres ont eux aussi beaucoup augmenté, profitant surtout aux hommes.
Qui devient quoi ? Certaines catégories peuvent être considérées comme immobiles ou très mobiles. Près de neuf agriculteurs sur dix sont fils d'agriculteurs et plus d'un ouvrier sur deux est issu d'une famille ouvrière. En revanche, 75 % des enfants d'agriculteurs, la moitié des enfants d'ouvriers et 80 % de ceux d'employés quittent leur milieu d'origine : ce sont eux qui constituent le gros de la troupe des mobiles, pour rejoindre les professions intermédiaires et à terme celle des cadres. Les enfants de cadres, quant à eux, bénéficient d'une position sociale acquise : les trois quarts d'entre eux font partie des classes salariées supérieure ou intermédiaire. D'une manière générale, en France, on gravit l'échelle sociale selon un courant ascendant : agriculteur, ouvrier, employé et profession intermédiaire, cadre, sachant qu'il faut deux générations pour que les descendants de milieux modestes puissent devenir cadres.
Martine Fournier, numéro 106, juin 2000, Sciences Humaines.
http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=51&id_article=531
Clara
mercredi 16 décembre 2009
Les classes moyennes à la dérive, par Louis Chauvel
Peut-on encore parler de la classe moyenne, alors que ce terme définit aujourd'hui des groupes sociaux dont le niveau de revenu varie du simple au double? Après avoir mis en lumière la montée des inégalités en France, Louis Chauvel s'interroge sur les conséquences de l'écartèlement de cette "classe". Celle-ci s'est construite comme le point d'identification de la société durant une période, les Trente Glorieuses, marquée par le plein-emploi et l'émergence d'une société salariale. Depuis, assiste à une "désinstitutionnalisation des inégalités" : en clair, le diplôme et l'ancienneté ne suffisent plus à garantir l'ascension sociale.
Louis Chauvel s'enflamme ensuite sur le thème qui lui est cher: la fracture entre les générations. Celles qui succèdent aux générations issues du baby-boom sont plus diplômées, mais arrivent sur un marché du travail où les places se sont raréfiées. Aussi les jeunes se socialisent en apprenant à être en concurrence les uns avec les autres, et sans pouvoir se passer, pour nombre d'entre eux, d'un soutien familial forcément inégalitaire.
Que peuvent faire les jeunes générations elles-mêmes face à une crise à la fois politique et morale aussi profonde que celle décrite dans cet ouvrage? Une question qui reste pour l'instant sans réponse.
Résumé par Talia.
mardi 15 décembre 2009
Les Classes Moyennes aux Etats-Unis
La majeure partie de la population des pays développés "s'autodéfinie" comme appartenant aux classes moyennes. Elle accepte donc qu'il existe un secteur de la population "plus pauvre" (classe pupulaire) et une "plus riche" (élite sociale). Ainsi, dans le pays défini par excellence constitué de classes moyennes, les Etats-Unis, la revue TIMES publie chaque année une enquête dans laquelle un pourcentage très élevé de la population (74%) affirme appartenir à la classe moyenne.
Cependant, des études démontrent que la réponse varie en fonction de la question posée par l'enquêteur. Si celui-ci demande: "Appartenez vous à la classe dominante, à la classe moyenne ou à la classe populaire?"; la réponse sera presque toujours la même: "à la classe moyenne".
Mais si il demande: "Appartenez-vous à la classe dominante, à la classe moyenne ou à la classe ouvrière?"; la réponse sera plutôt "à la classe ouvrière".
Mais la classe sociale ne dépend pas seulement de la façon de vivre ou les caractéristiques de l'individu, mais aussi de la durée de sa vie. Un membre de la "Corporate Class" américain, équivalent à la classe dominante, vit en moyenne 15 années de plus qu'un travailleur moins ou pas qualifié avec plus de 5 ans de chômage. En Espagne la différence est de 10 ans.
L'abandon de l'engagement de vouloir répendre les droits sociaux et du travail de la part de beaucoup de partis de centre-gauche a provoqué l'abstention de la classe ouvrière, ou, par contre, l'augmentation du vote aux partis radicaux: soit la droite (où les idées fascistes basées sur la classe ouvrière s'étendent de plus en plus en Europe) soit la gauche.
Résumé de Clara.